D’omnivore à végétalienne, mon parcours

Une histoire de cheveux…

Et si je vous disais que tout a commencé par les cheveux ? Sans rire, ce sont les soins naturels qui m’ont d’abord conduite vers cette alimentation. Je vous explique : fin 2014, j’ai effectué des recherches sur Internet et découvert de nombreux blogs traitant des « cheveux au naturel » (comprenez par là sans colorations chimiques, shampoings bourrés de silicones et autres, fers à lisser…etc.). Je me posais beaucoup de questions car j’avais coloré mes cheveux à plusieurs reprises, j’achetais mes produits capillaires au supermarché « comme tout le monde » et, même si l’état de mes cheveux restait correct, je n’étais pas vraiment satisfaite… J’aspirais à davantageshampoing desert essence vegan de naturel, à quelque chose de meilleur pour ma santé et la planète. En quelques semaines, j’ai donc jeté tous mes produits capillaires (vous pouvez découvrir ici ma routine capillaire actuelle et les produits que j’utilise), renoncé aux colorations chimiques et révolutionné le contenu des placards de ma salle de bain. Je suis notamment passée aux colorations végétales grâce au henné et aux poudres de plante. J’ai découvert la poudre de sidr ou encore le shikakaï, des plantes aux noms bizarres mais aux vertus incroyables, qui sont de formidables alternatives aux shampoings. J’ai découvert les bains d’huile, les coiffures protectrices, la différence entre hydratation et nutrition… Bref, un véritable bouleversement dans mes habitudes !

Je me pose des questions

Mais une fois ce processus achevé, je n’étais pas pleinement satisfaite. La lecture d’articles ci et là – notamment concernant la nocivité du gluten et des produits laitiers – m’ont conduite à me poser de plus en plus de questions sur mon alimentation. Bien sûr, c’était super d’avoir une routine 100% naturelle pour mes cheveux, ma peau et mon corps. Mais si je négligeais l’alimentation, à quoi cela servait-il ? J’ai réalisé petit à petit que la façon dont on se nourrit, ce que l’on donne à son corps, est de la plus grande importance. En somme, que nous sommes ce que nous mangeons.

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Depuis petite, j’ai toujours adoré cuisiner. Alors, sous prétexte que ce que je mangeais était souvent « fait maison », j’avais l’impression de bien faire, la sensation de ne pas me laisser emporter dans ce tourbillon de fast-food, plats préparés et autres cochonneries industrielles. Je pensais être différente des autres jeunes de mon âge. Et pourtant, quand je regarde en arrière, ce que je croyais être du « fait maison » n’était en réalité qu’une illusion. C’était tout simplement l’assemblage de produits industriels, par exemple viande + crème fraîche + fromage pour un plat d’escalopes de poulet à la crème. Au final bien sûr, c’était moi qui avait cuisiné. Mais pris séparément, tous les ingrédients de mon assiette étaient industriels. Alors, est-ce que je faisais vraiment mieux que les autres ?

Le changement se met en place

Suite à ces réflexions, j’ai commencé à fréquenter la Biocoop de ma ville. Non pas pour le côté « bio », mais pour tous les produits « bruts » que je pouvais y trouver en vrac (légumineuses, oléagineux, céréales…). Mon but : acheter des ingrédients non-transformés et les cuisiner de A à Z. A ce moment là j’ai également stoppé définitivement ma consommation de produits laitiers de vache et gluten afin de voir les bienfaits sur mon corps et ma santé. Il me fallait donc trouver d’autres alternatives, disponibles principalement en magasin bio : laits végétaux, purées d’oléagineux, farines sans gluten…etc. Cela a été un premier pas décisif. Alors que j’avais peur de me priver, j’ai en réalité découvert des tas de façons savoureuses de cuisiner autrement. Cela m’a ouvert de nouvelles perspectives et m’a permis de belles découvertes. A la place du lait de vache, j’avais le choix entre lait d’amande, de riz, d’avoine, de noisette, de millet, de coco… A la place du beurre, je pouvais me régaler avec de la purée d’amande, de noisette, de cacahuète, de l’huile de coco… J’ai compris que la véritable restriction, c’est de croire qu’il n’y a que les sacro-saints lait de vache, beurre & crème, alors qu’il y a tant de possibilités végétales !

 

J’arrête la viande et le poisson

Je me souviens du jour où ma meilleure amie m’a annoncé qu’elle devenait végétarienne. J’ai pensé qu’elle ne pourrait jamais tenir sur le long terme, que c’était mauvais pour sa santé, qu’elle allait dépérir… En bref, tous les clichés au sujet des végétariens ! J’avais peur pour elle. En réalité, nous sommes très mal informés à ce sujet. Nous ne faisons que relayer des informations dictés par notre culture française, par les médias et les lobbys de l’industrie de la viande et autres produits animaux. Nous énonçons des jugements, assénons des faits que nous pensons être vrais, sans jamais avoir véritablement étudié la chose. « Pas de viande, pas de protéines »; « Sans produits laitiers, plus de calcium »… Nous ignorons tout de la richesse des végétaux.

Lorsque j’ai commencé à me pencher sur le sujet, à lire article après article à ce sujet, cela m’a fortement ébranlée. Tout ce que je croyais savoir au sujet de la nutrition s’écroulait. J’ai toujours aimé les animaux. Mais comme tout le monde, j’acceptais de les retrouver morts dans mon assiette parce qu’on m’avait enseigné qu’on n’a pas le choix, qu’on ne peut pas vivre sans, qu’il n’y pas d’alternatives… Alors moi aussi j’ai fermé les yeux et accepté de faire taire ma conscience. Accepté d’aimer les poules qui se baladaient dans mon jardin et en même temps, de manger une escalope de poulet le midi. Accepté de m’arrêter devant la beauté d’un troupeau de vaches et, le soir-même, de manger mon steak. Je croyais bien faire. Comme tout le monde, je pensais « qu’un poisson c’est bête », que « ça ne ressent rien ». Comme tout le monde encore, j’ai détourné le regard et changé de chaîne lorsque des images d’abattoir apparaissaient à l’écran. Je voulais croire en l’illusion véhiculée par toutes les publicités. Vous savez, cette image d’un animal heureux, gambadant dans son pré, puis qui passe immédiatement à l’état de morceau de viande ? Évidemment, on veut croire qu’il ne se passe rien entre ces deux étapes, qu’il n’y a ni sang, ni souffrance.

Ainsi donc, lorsque j’ai découvert ou plutôt accepté d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe réellement pour les animaux, ces êtres vivants que je disais aimer et dont pourtant j’achetais les morceaux de cadavre, tout a changé. Puisqu’il n’y a aucun danger médical à se passer de viande et de poisson, que les végétaux nous fournissent tout ce dont nous avons besoin pour vivre, je n’avais plus la moindre excuse. J’ai donc écouté ma conscience et n’ai plus jamais mangé d’animal.

 

Le cap des œufs et du fromage

Tous les végétaliens le savent : en réalité, le plus dur n’est pas de renoncer à la viande ou au poisson. Le plus difficile, c’est de dire non au fromage. En effet, d’après plusieurs études scientifiques, la caséine présente dans ces produits provoquerait une addiction comparable à celle aux drogues, au tabac ou à l’alcool. Pas étonnant donc qu’il soit si difficile d’y renoncer ! Quant aux œufs, nous les utilisons dans quasiment toutes les recettes de pâtisserie. Mais peut-être vous demandez-vous : pourquoi faudrait-il y renoncer ? Moi aussi j’ai cru pendant un temps qu’il n’y avait rien de mal à cela, puisque les animaux ne sont pas tués pour leur chair. J’ai ouvert les yeux sur la triste réalité de l’industrie des œufs et produits laitiers le jour où j’ai regardé la conférence de Gary Yourofsky, que je vous invite fortement à visionner.

J’ai appris que, les poussins mâles étant inutiles dans la production des œufs, ils sont jetés vivants dans des broyeuses ou enfermés dans des sacs plastique jusqu’à étouffement. Vous pensez que les poules connaissent un meilleur sort ? Enfermés et entassées les unes sur les autres, souvent malades, elles sont très loin d’avoir la vie de rêve que nous vendent les publicitaires. Dès qu’elles ne produisent plus assez, elles sont envoyées à l’abattoir. Et les vaches ? Comme beaucoup, j’ai cru naïvement qu’il leur suffisait de donner naissance à un seul veau pour donner du lait toute leur vie. Et bien non ! Les vaches doivent être inséminés artificiellement tous les ans afin de donner du lait, ce qui signifient qu’elles doivent mettre bas chaque année. Or, leur lait est destiné à leur bébé. Mais les industriels et nous, consommateurs, voulons ce lait. Alors la mère est séparée de force de son petit, à la naissance ou dans les 24 heures. C’est un véritable déchirement pour la vache et son veau. Après la séparation, beaucoup se cherchent en meuglant pendant des jours. Poussées à l’hyper productivité par des traites quotidiennes, elles souffrent de maux douloureux. Enfin, comme tous les animaux exploités par l’industrie, la vache finira sa vie dans un abattoir dès qu’elle cessera de produire en quantité suffisante. Alors que les bovins ont une espérance de vie d’au moins 20 ans, les vaches laitières sont généralement tuées au bout de cinq ans.

Encore une fois, mise face à de telles informations, je ne pouvais plus faire semblant et fermer les yeux sur la réalité qui se cachait derrière mon bout de fromage, mon verre de lait ou mon œuf au plat. Il y a tellement de souffrance et d’injustice derrière ces produits… Deux mois après avoir cessé de consommer viande et poisson, j’ai donc également banni définitivement œufs et produits laitiers de mon alimentation. Je suis devenue végétalienne.

 

Un dernier mot…

A tous ceux qui veulent croire que j’ai fait ce choix par effet de mode, pour maigrir ou être différente, je réponds grâce à cet article que non. Que non je ne changerais pas d’avis le mois prochain. Que non ce n’est pas une décision passagère. Si j’ai fait ce choix, c’est parce que j’aime profondément les animaux et que je ne peux pas garder une conscience nette si j’affirme les aimer et que pourtant je paye l’industrie afin qu’ils soient tués pour mon seul plaisir gustatif. J’ai recherché les vraies informations sur ce qui se cache derrière nos traditions culinaires et découvert l’horreur. Je ne peux plus dire que je ne sais pas. Alors j’ai fait mon choix.

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18 réflexions sur “D’omnivore à végétalienne, mon parcours

  1. Je me reconnais tellement dans tes mots ! Je crois qu’être devenue vegan est la plus belle décision que j’ai pris de ma vie. C’est vrai que le plus dur c’est le fromage, heureusement qu’il y a de bonnes alternatives 🙂

    Bravo Laura !

    Aimé par 2 people

  2. Ton récit est très intéressant ! Je ne t’ai jamais laissé de commentaires mais j’apprécies toujours tes recettes 🙂
    J’ai une question : pourquoi ne consommes tu pas de soja ?
    Étant moi aussi vegetalienne je me pose pas mal de questions sur le soja !
    Merci pour ta réponse !
    Aude 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Coucou Laura !
    ton blog a l’air tellement chouette ! jusque là je ne connaissais que ton compte Instagram et tes photos me donnaient toujours vraiment envie, tu as l’air d’avoir beaucoup de talent dans l’art culinaire végétalien, tes petites recettes sont très inspirantes… Bref, je n’ai pas encore lu ton article je l’avoue, mais je le mets de côté pour le moment où je pourrais le faire.. En attendant je t’embrasse et sinon je te dis à bientôt pour la rencontre toulousaine à La belle verte !

    Prends soin de toi,

    Shirley

    Aimé par 1 personne

  4. Quelle coincidence ! Moi aussi mon parcours a débuté avec mes cheveux qui étaient dans un état lamentable suite à des défrisages/lissages excessifs. A cette époque j’ai aussi arrêté les produits laitiers pour voir s’ils étaient responsables de mon acné à l’âge adulte et en effet c’était ça ! A force d’information sur les cheveux, je me suis ensuite tournée vers l’alimentation bio (des beaux cheveux ça commence d’abord par là :D). J’ai surtout commencé à manger des légumes qui étaient inexistants dans mon alimentation. L’année dernière j’ai commencé à beaucoup entendre parler des vegans. J’ai testé une recette de gâteaux de CherryPepper parce que je n’avais pas d’oeufs chez moi et sans m’en rendre compte, la machine était lancée. Depuis le début d’année je suis végétarienne (c’est rien quand j’y pense mais il faut bien commencer :p) et végétalienne la plupart du temps (quand c’est moi qui cuisine). J’ai bon espoir d’être 100% végétalienne d’ici la fin de l’année et vegan à terme.

    Merci d’avoir partagé ton parcours, je trouve toujours ça super intéressant de voir comment, pour diverses raisons, on arrive au même point.

    Aimé par 1 personne

  5. Merci pour ton témoignage. Je m’y retrouve énormément. Personnellement, ce ne sont pas les cheveux mais une réflexion sur les vaccins à administrer à mon fils qui ont démarré ma réflexion sur le sujet « alimentation ». Merci aussi pour toutes tes recettes. Elles sont exactement ce que je recherche: vegetalienne, sans gluten et de préfèrence sans soja. J’essaye aussi de limiter fortement le sucre sous sa forme industrielle. Belle continuation à toi!

    Aimé par 1 personne

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